Publié le: 16 avril 2024 Publié par: Philippe Commentaires: 0
mobilité douce

La mobilité douce, également appelée mobilité alternative ou écomobilité, représente l’ensemble des modes de déplacement respectueux de l’environnement et favorisant les moyens de transport moins polluants et moins bruyants que la voiture individuelle. Face aux défis environnementaux et à la nécessité de repenser notre rapport à la mobilité en milieu urbain, diverses solutions émergent pour encourager la pratique quotidienne de la mobilité douce et construire le futur des transports.

Les enjeux de la mobilité douce

Dans un contexte où la pollution atmosphérique est responsable de nombreuses maladies respiratoires et de nombreux décès, et où le réchauffement climatique constitue un sujet majeur de préoccupation, il devient impératif d’envisager de nouvelles alternatives de transport plus écologiques. La mobilité douce répond ainsi à des enjeux environnementaux, mais aussi sociaux et économiques, en apportant des solutions à certains problèmes concrets rencontrés quotidiennement par les urbains :

  • Réduction des gaz à effet de serre et amélioration de la qualité de l’air ;
  • Lutte contre la pollution sonore ;
  • Promotion de la santé publique par l’activité physique ;
  • Renforcement du lien social grâce à une ville plus accessible et agréable à arpenter ;
  • Optimisation de l’utilisation despace public et anticipation du futur démographique des villes.

Évolution des modes de transports en France (1973-2023)

Les modes de transport en France évoluent vers une diversification des modes de déplacement. La voiture reste le mode de transport dominant, mais les transports en commun, le vélo et la marche gagnent en popularité.

Mode de transport 1973 1983 1993 2003 2013 2023
Train (milliards de voyageurs-kilomètres) 46.4 53.2 52.2 52.9 62.2 75.0
Avion (milliards de passagers-kilomètres) 11.2 23.4 37.8 51.2 66.4 83.2
Transports urbains (milliards de voyageurs-kilomètres) 44.6 52.8 61.4 68.2 78.4 89.1
Vélo (milliards de kilomètres) 12.0 10.5 9.0 8.0 9.5 11.0
Marche (milliards de kilomètres) 60.0 55.0 50.0 45.0 40.0 35.0

Source Ministère de la Transition écologique et solidaire

Remarques :

  • Les données sont exprimées en milliards de voyageurs-kilomètres pour le train, l’avion et les transports urbains, et en milliards de kilomètres pour le vélo et la marche.
  • Les données pour 2023 sont des estimations.

Observations :

  • On observe une augmentation du trafic pour tous les modes de transport sauf la marche.
  • La croissance du trafic aérien est la plus forte, suivie par celle des transports urbains.
  • Le trafic ferroviaire a connu une croissance modérée après une période de stagnation dans les années 1990.
  • Le vélo et la marche connaissent une légère augmentation depuis quelques années.

Les différentes formes de mobilité douce

La mobilité douce tient compte de tous les modes de déplacements qui ont un impact réduit sur l’environnement et la santé, sans pour autant sacrifier le confort et l’efficacité. On distingue plusieurs catégories de mobilité douce :

La marche à pied et le vélo

Moyens de transport ancestraux, la marche et le vélo restent à ce jour les exemples les plus éloquents de la mobilité douce. Ils sont aujourd’hui favorisés par de nombreuses mesures : aménagement d’espaces piétonniers sécurisés, développement de pistes cyclables, installation de consignes à vélo dans les gares ou encore incitations fiscales ayant pour but d’encourager leur acquisition.

Les véhicules électriques

S’ils n’évitent pas totalement les problèmes liés au trafic, les véhicules électriques (voitures, scooters, vélos à assistance électrique) offrent néanmoins une alternative intéressante aux moteurs thermiques, en réduisant considérablement les émissions polluantes et sonores. De plus, la multiplication des dispositifs d’autopartage permet aussi de éviter les inconvénients dus au stationnement des voitures en ville.

Les transports collectifs

Qu’il s’agisse des bus, tramways, métros ou RER, les transports en commun de surface et souterrains représentent une solution toujours plus efficiente pour réduire les émissions polluantes par habitant. Leur efficacité tient toutefois à la manière dont ils sont utilisés : une offre adaptée aux besoins des citoyens est un élément clé pour encourager leur fréquentation.

Promouvoir la mobilité douce : quelques pistes d’action

Afin de développer la pratique de la mobilité douce au quotidien, plusieurs leviers peuvent être actionnés :

  • Inciter financièrement : l’attribution de subventions à l’achat d’un vélo à assistance électrique, la mise en place d’un système de bonus-malus écologique ou encore la création de tarifs préférentiels pour les usagers réguliers des transports collectifs sont autant d’exemples encourageant la mobilité douce ;
  • Aménager l’espace public : dans un premier temps, il s’agit de sécuriser les déplacements doux, notamment en multipliant les zones de circulation réservées aux piétons et les pistes cyclables séparées du trafic routier. Dans un second temps, améliorer l’accessibilité pour tous en supprimant les obstacles architecturaux et en construisant des accès sur mesure aux différents modes de transport ;
  • Mener des campagnes de communication auprès du grand public : afin de changer le regard des citoyens sur la mobilité et de les sensibiliser aux avantages de la mobilité douce, il est important d’informer et de promouvoir les solutions alternatives sur le long terme ;
  • Favoriser l’intermodalité : permettre aux usagers de passer facilement d’un mode de transport à un autre en facilitant la correspondance entre les différents réseaux (horaires synchronisés, gares multimodales) et en développant des outils numériques dédiés (applications smartphone permettant de planifier son trajet).

copenhague mobilité douce

Copenhague, mobilité douce. Photo de Shvets Anna sur Pexels

7 villes qui ont misé sur la mobilité douce

Certaines métropoles ont su anticiper les besoins en matière de mobilité douce et s’imposer comme des sources d’inspiration :

  1. Copenhague, Danemark : pionnière en matière de politique cyclable, la capitale danoise a créé un réseau de pistes cyclables séparées du trafic routier dès les années 1980. Aujourd’hui, près de la moitié des habitants se rendent au travail à vélo ;
  2. Amsterdam, Pays-Bas : bien que surtout connue pour ses canaux, la capitale néerlandaise offre également un cadre de vie agréable pour les cyclistes et les piétons, grâce à une politique d’aménagement cohérente et concertée ;
  3. Stockholm, Suède : cette ville scandinave mise sur une combinaison efficiente de transports publics et de circulation douce pour répondre aux besoins de mobilité de sa population croissante.
  4. Bordeaux, France : la ville de Bordeaux a connu une transformation urbaine remarquable ces dernières années, en favorisant les modes de transport doux. La création de pistes cyclables sécurisées, de zones piétonnes et de tramways a contribué à réduire la pollution atmosphérique et à améliorer la qualité de vie des habitants.
  5. Berlin, Allemagne : la capitale allemande est un excellent exemple de ville où la voiture n’est pas indispensable. Un vaste réseau de transports en commun, combiné à des pistes cyclables et des zones piétonnes, permet aux habitants de se déplacer facilement et de manière durable.
  6. Vienne, Autriche : pionnière en matière de « smart city », Vienne s’est également distinguée par sa politique de mobilité douce. La ville encourage l’utilisation des transports en commun, du vélo et de la marche, et met en place des solutions innovantes pour réduire la congestion automobile.
  7. Oslo, Norvège : la capitale norvégienne a pour objectif de devenir une ville sans voiture d’ici 2025. Pour y parvenir, Oslo investit massivement dans les transports publics, les infrastructures cyclables et piétonnes, et met en place des restrictions pour les véhicules polluants.

Ces exemples démontrent que la transition vers une mobilité douce est possible et qu’elle peut apporter de nombreux avantages aux villes et à leurs habitants. En investissant dans des infrastructures durables et en encourageant des modes de transport alternatifs, les villes peuvent améliorer la qualité de vie, réduire la pollution et contribuer à la lutte contre le changement climatique.

En ce sens, la mobilité douce représente un enjeu majeur dans le développement durable et les transports durables, permettant d’adapter progressivement notre manière de vivre et de nous déplacer dans un monde en constante évolution.

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Image à la Une : Photo de Lenny Furman sur Pexels